Projet initial

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CONSTATS

Depuis quelques années, l’usage de l’informatique (Ordonnances Juppé – 1996) et de l’Internet au cabinet médical par les médecins généralistes français tant à se généraliser (1)(2)(3)(4)(5)(6).

Les applications apportées par le réseau Internet sont multiples : transmission des FSE, échanges de courriels, recherche en ligne, aide au diagnostic, à la thérapeutique, FMC… En dresser une liste exhaustive serait fastidieux tant elles sont nombreuses et chaque jour amenant sont lot de nouveautés.

Si les médecins généralistes utilisent le réseau essentiellement en dehors des horaires de travail (2), de plus en plus d’études, essentiellement anglo-saxonnes (7), traitent de son utilisation durant la consultation. En Europe , environ un médecin connecté sur 10 l’utilise durant la consultation (8)(2).Par ailleurs, les patients sont également de plus en plus nombreux à utiliser le réseau Internet pour rechercher des informations sur leur santé (14), modifiant ainsi la relation médecin-patient (10)(11)(12).

Plus généralement, tous les indicateurs tendent à montrer un accroissement de l’utilisation du réseau Internet par les professionnels de la santé, tant aux Etats-Unis qu’en Europe.

La plupart des études sur les facteurs de l’usage de l’information électronique par les professionnels de santé sont anglo-saxonnes et quantitatives (9). Excepté l’approche de l’ IRDES (ex CREDES) et quelques thèses de médecine générale, par ailleurs quantitatives, aucune étude n’était française jusqu’à l’étude qualitative de Florence Gonod-Boissin en mai 2005 (9). Ses résultats montrent que, à l’opposé des Etats-Unis, ou l’accroissement de l’utilisation des médias électroniques entraîne une diminution de l’usage des journaux papiers et séances locales de FMC, les médecins généralistes français utilisent davantage les medias électroniques pour une activité secondaire (homéopathie etc.) et quand il le font pour une recherche d’information, c’est après l’utilisation de moyens plus conventionnels (bibliothèque papier, journaux etc.) (une étude descriptive Suisse fait le même constat en 2001 (8)). L’ étude de Florence Gonod-Boissin décrit des pratiques conditionnées par divers facteurs : l’héritage culturel, des habitudes de communication dans le secteur médical, le partage des informations, l’environnement de travail, le contexte, et d’autres facteurs plus subjectifs. L’analyse des résultats porte sur 32 médecins dont 28 sont informatisés. L’étude met en évidence 3 types d’usagers des nouveaux outils de recherche d’information et de communication : 4 sont décrits comme « conservateurs et résistants », 24 comme « modérés et sceptiques », et 4 comme « pionniers et militants ». Ces derniers sont décrits comme des « passionnés » d’informatique, ne maîtrisant pas pour autant la recherche d’informations électroniques ; méconnaissant plutôt l’Internet.

CHAMP DE LA RECHERCHE

Il s’agit de l’utilisation de l’Internet par les médecins généralistes durant la consultation.

SOURCE

Expérience professionelle personnelle de cette utilisation et intérêt pour la recherche en tant que telle. En outre, une approche des N.T.I.C., de fait binaires, via une étude qualitative, me semble intéressante.

HYPOTHESE ET QUESTIONS POSEES

N.B. : l’hypothèse qui suit n’est émise que dans un cadre général, il ne s’agit en aucun cas d’une hypothèse à vérifier – à priori – dans l’étude. La méthode de la Grounded Theory se plaçant à l’extrême opposé des classiques approches hypothético-déductives.

Les indicateurs de l’utilisation et du développement de l’Internet étant tous au vert, et avec l’ouverture en France en juillet 2007 (toutefois reportée à ce jour…) du portail du D.M.P , on peut supposer que les médecins généralistes français utiliseront de plus en plus l’Internet durant la consultation, outre les nouvelles fonctionnalités apportées par le DMP. Actuellement, certains médecins « pionniers et militants » utilisent l’Internet durant la consultation. L’observation de leur comportement permettrait d’appréhender une utilisation qui sera peut-être amenée à se généraliser.

L’objectif de notre étude est de recueillir leurs opinions et sentiments sur l’utilisation de l’Internet durant la consultation. Comment et pourquoi l’utilisent ils ? La relation médecin-patient s’en trouve t elle modifiée ? Et si oui, de quelle manière ?

Le problème précis soulevé par ces questions ne sera précisé qu’au fil de l’étude. Si le champ de la recherche est clairement exposé d’emblée, le problème de la recherche ne peut EN AUCUN CAS être déterminé au préalable.

METHODE

La méthode utilisée sera la Grounded Theory (G.T.), présentée en 1967 par Glaser et Strauss. Cette méthode qualitative, de plus en plus usitée, issue de la sociologie, est la méthode qualitative la plus documentée à ce jour. Si diverses écoles ont émergées depuis 1967, représentées par trois courant méthodologiques, les fondements de la G.T. demeurent inchangés et acquis par les trois courants. L’approche Glaserienne a été retenue pour mon étude, pour diverses raisons qui seront précisées ultérieurement. La rédaction d’un Guideline méthodologique (section “Ancien Guideline”) s’est révélée au fil du temps incongrue tant les nuances méthodologiques sont subtiles. Cet “ancien Guideline” reste accessible aux utilisateurs inscrits, pour information, car représentant une approche personnelle à la croisée des deux autres courants méthodologiques (Charmaz, Strauss & Corbin), qui de fait ne seront pas utilisés dans mon étude, mais dont certaines notions sont conformes à l’approche Glaserienne, ce qui motive la présence de cet ancien guideline sur le site. Le véritable “Guideline Méthodologique” est composé de trois des ouvrages de Glaser (& Strauss pour le premier) : Discovery of Grounded Theory (1967), Theoretical Sensitivity (1978) et Doing Grounded Theory : Issues and Discussions (1998). Ces trois ouvrages sont référencés plus précisément dans la section bibliographie. La G.T. autorise un niveau élevé de conceptualisation des données, par trois niveaux de codage : le codage ouvert, le codage sélectif et le codage théorique. La méthode de la comparaison continue ainsi que de multiples autres outils permettent d’aboutir à un schéma théorique évolué cernant une catégorie centrale, voire à la description précise d’un processus social de base (“Basic Social Process“). Mon étude devrait aboutir à une théorie “substantive” (vs “formal“), ou plus simplement à une description fine de catégories.

Les données traitées par la méthode seront recueillies par diverses techniques d’interviews qualitatifs (par exemple “Intensive Interviewing” dont “In-Depth Interviewing“, ce dernier se prétant particulièrement bien à la G.T.). L’échantillonnage théorique et la saturation des catégories détermineront le type d’interview à utiliser. La G.T. n’utilise pas un unique type d’interview. Par aileurs, si la principale source de données sera constituée par les interviews, d’autres données seront également utilisées : photographies, notes, études, littératures etc. Le déroulement de l’étude déterminera ces données.

Une synthèse bien réalisée de la méthode Glasérienne, par Walter Fernandez, Ph. D. (I.S. Research) est disponible ici .

INITIAL SAMPLING

1, 2 voire 3 interviews seront menés successivement et enregistrés auprès de médecins généralistes installés en région Nord-Pas de Calais, utilisant l’Internet durant la consultation. Pourquoi 1, 2 ou 3 ? Selon la qualité des données recueillies, l’analyse de ces dernières ne pourrait commencer à être pertinente qu’après 3 interviews. Si la richesse des données recueillies est jugée suffisamment importante dès le premier interview, l’analyse débutera dès ce premier achevé, dans le cas contraire, d’autres (estimation arbitraire à 2) interviews seront menés avant le début de l’analyse. Bien entendu, plus de 3 interviews seront menés. Probablement environ 15, nous ne le saurons qu’au fil du développement de l’étude. Certains intervenants seront interviewés une seconde fois si des données les concernant sont à développer. On ne peut connaître avant la fin de la recherche le nombre de participants que l’on interrogera.

LES DONNEES

Il s’agit des données qui seront recueillies lors des entretiens. Elle comporteront : une bande sonore qui sera retranscrite textuellement (avec ponctuation afin de faire ressortir les émotions, intonations de voix, voire avec des notes [ rires, sourires…]), une ou plusieurs photographies numériques de l’environnement de travail du médecin concerné ( afin de juger de l’ergonomie du poste de travail, de la présence voire de l’importance d’une bibliothèque attenante…), de notes prises lors des entretiens. NB : La diversité des matériels constituant les données est vaste dans la G.T. Dans mon étude, l’entretien constituera la majorité des données, les notes et photographies ne constituant que des données annexes. D’autres sources de données (études, littérature, expérience personnelle etc.) pourront être utilisées, comme précisé plus haut. La possibilité d’une variabilité de l’origine des données est une des caractéristiques de la G.T.

LE TRAITEMENT INFORMATIQUE DES DONNEES

Le matériel constituant les données princeps (entretiens, notes prises durant l’entretien, et photographies numériques) sera stocké sur support numérique (format texte et photographies) puis traité par le biais de la plate-forme d’un “QDA-Software” tel Atals.ti ou Nvivo 7.0. Bien que Glaser ne recommande pas cette utilisation, elle sera tout de même appliquée dans mon projet, par convenance personnelle et du fait de la satisfaction qu’elle a apportée à nombre de chercheurs passant outre les recommandations de Glaser, et recommandant de ce fait l’usage de ces plate-formes.

(1) Eos Gallup Europe, IPSOS. Flash Eurobaromètre 126 – 2003.

(2) Flanagan, Guy, Larsson, Saussois. The Boston Consulting Group. European Physicians and the Internet. March 2003.

(3) CREDES, CSSIS, FORMMEL. L’apport de l’informatique dans la pratique médicale libérale. Paris : CREDES, CSSIS, 2001.

(4) Le quotidien du médecin. Février 1999.

(5) TNS- Sofres 2000.

(6) HON. 9th HON Survey of Health and Medical Internet Users. Winter 2004-2005.

(7) Magrabi F, Coiera EW, Westbrook JI, Gosling AS, Vickland V. General practitioners’ use of online evidence during consultations. Int J Med Inform. 2005 Jan;74(1):1-12.

(8) Koller, Grutter, Peltenburg, Fischer, Steurer. Use Of the Internet by médical doctors in Switzerland. Swiss Med Wkly 2001; 131: 251-254.

(9) Gonod-Boissin F. Informatique et recherche d’information par les médecins généralistes : une étude qualitative. JFIM Lille 2005.

(10) Lowrey W., Anderson WB. The impact of internet use on the public perception of physicians: a perspective from the sociology of professions literature. Health commun. 2006;19(2):125-31.

(11) Mac Mullan M. Patients using the Internet to obtain health information: how this affects the patient-health professional relationship.Patient Educ Couns. 2006 Oct;63(1-2):24-8. Epub 2006 Jan 6. Review.

(12)Anderson JG, Rainey MR, Eysenbach G. The impact of CyberHealthcare on the physician-patient relationship. J Med Syst. 2003 Feb;27(1):67-84.

(13) Guillemette François L’approche de la Grounded Theory; pour innover ? Recherches Qualitatives-Vol.26(I),2006,pp. 32-50

(14) Gubrium Holstein Handbook of interview research. Context & Method. Sage 2001 ISBN 0-7619-1951-1

(15) Paillé Pierre L’analyse par théorisation ancrée Cahiers de recherche sociologique Vol.23, 1994. p147-181 ISSN/ISBN : 0831-1048